Cette fiche n’est pas un itinéraire technique mais une pratique culturale à la Réunion, référencée sur le terrain. Elle sert de base de connaissance pour la production de Curcuma. Pour obtenir l’itinéraire technique du Curcuma, il faut se rapprocher d’un organisme technique.
Le curcuma appartient à la famille des Zingibéracées, tout comme le gingembre. Dans ce cas, cette parenté leur confère de nombreuses similitudes, notamment au niveau de leurs caractéristiques agro-écologiques. Pour différencier le gingembre et le curcuma, il suffit de regarder les feuilles : pour le curcuma, les stries des feuilles sont plus espacées que pour le gingembre.


Le Curcuma est une plante pérenne d’un mètre de haut. La multiplication végétative du curcuma se fait par rhizome qui forme un complexe charnu composé d’un tubercule primaire et de ramifications appelées « doigts ».
Conditions pédoclimatiques
Le curcuma nécessite un climat chaud et humide tel que l’on retrouve dans les régions tropicales ou subtropicales avec une exigence de 1000 à 2000 mm de précipitations annuelles. L’altitude moyenne de plantation est de 400m mais il est possible de cultiver dans les Hauts.
Pour le sol, il faut éviter les sols pierreux et/ou les sols alcalins (asphyxie racinaire). Privilégiez un sol bien drainé et meuble avec un pH de 5 à 7.5 (Cardon, 2005).
Le cycle cultural du Curcuma
Le cycle du curcuma est assez long car il faut 2 ans entre la plantation et la récolte (cycle de 18 mois).
La plantation du curcuma se fait avant novembre. Il faut planter les doigts de curcuma (issus de la culture précédente) peu profondément ou en surface avec un rebutage. A chaque trou, mettre 5 à 6 doigts de curcuma.
L’écartement est de 50 cm entre les trous. Ceci permettant d’avoir de l’espace en début de cycle pour le passage de la débroussailleuse. Le curcuma va par la suite occuper tout l’espace, réduisant la présence des adventices. L’espacement minimum conseillé est de 25 x 30 cm avec une organisation en ligne de la plantation.
La récolte du curcuma intervient au mois d’août, quand toutes les feuilles sont « rouillées », c’est-à-dire sèches (ou vannées). Ce n’est pas un symptôme de maladie mais bien le cycle du curcuma. Le rendement moyen observé en rhizome frais de curcuma est de 17-23 t/ha si la culture est irriguée et de 6,5- 9 t/ha en culture pluviale. Cependant, ces rendements varient en fonction du cultivar, des conditions pédoclimatiques, de la conduite de l’exploitation, de la période de récolte, etc… (Cardon, 2005)
Les ravageurs et maladies du Curcuma
Le curcuma peut être soumis à des ravageurs tels que des foreurs de pousses, des insectes mangeurs de feuilles, des insectes suceurs et des nématodes.
De même, deux maladies des plants de curcuma ont été référencées :
- La pourriture du rhizome de Pythium aphanidermatum :
C’est un champignon présent dans le sol et se multiplie avec l’accumulation d’humidité. Il peut survivre dans le sol via des rhizomes malades ou dans des chlamydospores ou oospores. Les jeunes pousses sont les plus vulnérables aux attaques. Les facteurs aggravants la maladie sont une T° supérieure à 30°C et une humidité élevée.
L’infection démarre au niveau du col des pseudo-tiges et migre vers le haut et le bas, la pourriture atteint ensuite le rhizome. Les symptômes foliaires sont un jaunissement des extrémités des feuilles les plus basses, se propageant au limbe. La portion centrale de la feuille reste verte et les bords jaunissent.
| En Bref : Des feuilles jaunes Des racines pourries Une décoloration brune des tissus du rhizome Peut aussi se retrouver sur le gingembre |
Les mesures préventives contre cette maladie sont :
- Un drainage efficace de la parcelle
- Rotation de 2-3 ans minimum si la maladie est détectée
- Prendre des mesures phytosanitaires comme retirer et détruire les plants infectés


Photo des symptômes de la pourriture du rhizome (Source : Plantix)
- Les taches foliaires provoquées par Taphrina malucans et/ou Colletotrichum capsici :
C’est un champignon présent sur les écailles des rhizomes (principale source d’infection). Les premiers symptômes se manifestent par des petites tâches individuelles, de 1 à 2 mm de diamètre. Elles se rejoignent et finissent par atteindre 4 à 5 cm de long pour 2 -3 cm de large. A un stade plus avancé, les tâches noires se transforment en anneaux concentriques. Les feuilles flétrissent et se dessèchent.
| En Bref : Des taches brunes au centre gris Les feuilles se dessèchent et flétrissent |
Les mesures préventives sont :
- Utiliser des variétés tolérantes et/ou des semences saines
- Mettre en place une rotation cultural pour limiter l’installation de la maladie
- Ne pas cultiver à côté d’hôtes alternatifs (ex : le piment)
- Enlever et détruire les feuilles malades.

Références Bibliographiques
CARDON D. 2005. Colorants et tannins. Ressources végétales de l’Afrique tropicale 3. Pays Bas: PROTA Backhuys Publishers/CTA. p. 75-83
LAMOUCHE C. 2011. Etude des conditions de mise en œuvre d’une Indication Géographique sur le curcuma d’Anivorano-Est – Madagascar. France ; Mémoire de fin d’étude ISTOM soutenu en octobre 2011.
GmbH, P. (s. d.). Pourriture du rhizome | Ravageurs & Maladies. Plantix. https://plantix.net/fr/library/plant-diseases/100365/rhizome-rot/
GmbH, P. (s. d.-a). La tache foliaire du curcuma | Ravageurs & Maladies. Plantix. https://plantix.net/fr/library/plant-diseases/100358/leaf-spot-of-turmeric/