Les entreprises agricoles sont soumises aujourd’hui à des contraintes de production qui doivent de plus en plus s’éloigner des pratiques conventionnelles au profit de pratiques plus respectueuses de l’environnement et de la santé humaine, dite agriculture biologique. La bonne prise en compte de cette transition, souvent complexe, constitue l’un des enjeux important pour la profession agricole.
Par ailleurs, le statut de département d’outre-mer de La Réunion et l’atteinte de la souveraineté alimentaire obligent à l’adaptation des pratiques vers une production Bio des produits agricoles.
Dans le contexte de pression aussi bien réglementaire qu’économique, il est plus que jamais indispensable d’inciter et d’accompagner nos agriculteurs vers des schémas d’exploitation en conformité avec les cahiers des charges qui régissent la production biologique. Les sources d’informations dans le domaine ne manquent pas et notamment sur internet où elles sont denses et gratuites. Les principales difficultés rencontrées résident dans le fait qu’il existe un nombre d’informations important, dont les sujets sont très diversifiés et il faut donc être capable de faire le tri.
La culture biologique est en pleine extension à La Réunion avec de plus en plus de producteurs et de projets se tournant vers des pratiques agricoles biologiques. En 2021, on comptait 488 fermes engagées en agriculture biologique, couvrant une surface totale de 2097 hectares. Cela représente 5% des surfaces agricoles de l’île et 7,3% du nombre total de fermes. En comparaison avec les chiffres de 2017, les surfaces cultivées en Bio ont doublé, passant de 1050 hectares à 2097 hectares, tandis que le nombre de producteurs est passé de 234 à 488 sur la même période. La Réunion est aujourd’hui l’un des départements les plus dynamiques de France pour la progression du nombre de producteurs en agriculture biologique, et est également le département d’outre-mer avec le plus grand nombre de producteurs et la filière bio la plus développée.
Un outil centralisateur d’informations, de partage et de suivi a donc été mis en œuvre par le GAB 974 et la CA de La Réunion avec le financement du Conseil départemental.
Chambre d’agriculture de La Réunion
La Chambre d’agriculture de La Réunion est un établissement public administratif chargé de représenter les intérêts des agriculteurs et des acteurs du monde rural sur l’île de La Réunion. Elle est placée sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt.
Ses missions principales consistent à accompagner et conseiller les agriculteurs dans leurs projets professionnel, à les informer sur les évolutions réglementaires et les nouvelles techniques agricoles, ainsi que promouvoir les filières agricoles locales.
Pour ce faire, la Chambre d’agriculture de La Réunion mène des actions concrètes en faveur de l’agriculture réunionnaise, telles que l’organisation de formations, le développement de pratiques agricoles innovantes, l’accompagnement dans la réalisation de projets agricoles, l’organisation d’évènements pour valoriser les produits locaux, etc…
La Chambre d’agriculture de La Réunion joue un rôle important dans le développement, la promotion et la protection de l’agriculture réunionnaise.
A travers sa Cellule Environnement, elle se charge de l’expertise environnementale, de l’animation du plan Ecophyto, de la valorisation des matières organiques, ainsi que de l’animation collective du GIEE, entre autres. De plus, elle accompagne le développement de l’agriculture biologique sur l’ensemble du territoire, grâce à la présence de deux conseillers dédiés à cette mission.
GAB-974
Le Groupement des Agriculteurs Biologiques de La Réunion, le GAB-974, est une association qui vise à rassembler les producteurs et productrices biologiques de l’Ile de La Réunion.
Fondée en 2005, le GAB-974 agit pour promouvoir et développer l’agriculture biologique en travaillant avec différents partenaires et tous les acteurs et actrices du territoire insulaire (agriculteurs-agricultrices, consommateurs-consommatrices, élus–élues, collectivités, entreprises, associations…).
Ses missions sont multiples allant de l’appui technique à l’accompagnement des producteurs et productrices dans les démarches de maintien et de conversion à l’Agriculture Biologique, à l’introduction de produits bio « péï » dans la restauration collective et la sensibilisation sur les enjeux d’une agriculture biologique et locale.
Les objectifs du GAB sont :
- Développer l’Agriculture Biologique sur l’Île de La Réunion en amenant les producteurs et productrices à se convertir et à s’installer en AB.
- S’appuyer sur les savoirs locaux, riches d’un métissage culturel singulier afin d’aider au niveau technique les producteurs et les productrices à répondre aux enjeux d’un développement durable de notre société.
- Maintenir une agriculture biologique dynamique sur le territoire, préservant un tissu rural, dense et créatrice d’emploi.
- Répondre aux attentes des consommateurs et consommatrices qui veulent des produits alimentaires locaux sains à haute qualité nutritionnelle.
- Amener et démocratiser les produits biologiques en Restauration Collective en particulier destinés aux enfants en réponse à la demande des consommateurs et consommatrices.
- Préserver nos ressources naturelles exceptionnelles -la Terre, l’Eau et l’Air-, une biodiversité unique et un endémisme élevé : marine et terrestre -Faune et Flore-.
Le Conseil départemental de La Réunion
Le Département de la Réunion est la collectivité locale compétente en matière de développement agricole et rural.
Son intervention s’inscrit dans le cadre du plan stratégique AGRIPéi 2030, co-construit avec l’ensemble des acteurs et qui vise à développer un modèle agricole familial résilient, source de revenu, d’emploi, de nourriture et de produits agricoles diversifiés, d’aménités paysagères et environnementales. Par ailleurs, La Réunion a toujours constitué une « terre d’expérimentation », et la démarche AGRIPéi 2030 vise à ce titre à favoriser l’émergence de nouvelles filières à forte valeur ajoutée pour notre île.
Le développement des productions biologiques occupe dans ce cadre une place importante, et fait l’objet d’objectifs spécifiques :
- L’engagement de 400 exploitations supplémentaires dans une démarche BIO d’ici 2030 (+ 116 % d’augmentation),
- Représentant 1 500 hectares supplémentaires.
Pour atteindre ces objectifs, la collectivité, conformément aux engagements du programme AGRIPéi 2030, a validé en mars 2021 la mise en place d’un plan BIO départemental, destiné à promouvoir et développer ce type d’agriculture à La Réunion.
Issu d’un travail collaboratif avec l’ensemble des partenaires de la filière, (acteurs clés de la filière, institutions, producteurs, représentants de consommateurs, etc.) ce plan a été créé afin d’accompagner l’installation, la conversion et la pérennisation des exploitations en agriculture biologique, de favoriser une meilleure accessibilité à la population réunionnaise en produits de qualité certifiés (certification environnementale de niveau 2 HVE et agriculture biologique), et la création de lien entre producteurs et consommateurs.
Le plan BIO c’est 20 actions prioritaires reparties en 4 axes stratégiques :
- Axe 1 : Rendre le foncier plus disponible pour l’AB
- Axe 2 : Soutenir et développer la production en AB
- Axe 3 : Promouvoir la production en AB
- Axe 4 : Expérimenter des nouveaux modes de productions et développer de nouveaux marchés
Le premier constat qui émane des divers échanges sur le développement de cette filière est la disparité des modes de communications voire parfois le manque de données relatives au développement de la filière. Pour répondre à cet enjeu de mise en lien des différents opérateurs, le Département a validé la création d’une plateforme d’information numérique entière consacrée au développement de l’Agriculture Biologique à La Réunion avec une fonction d’observatoire destiné notamment à capitaliser et partager les connaissances, les données relatives à la formation et plus largement les informations propres à la production agroécologique.
Cette plateforme interactive s’adresse donc tout autant aux agriculteurs qu’aux consommateurs, pour une information la plus complète et partagée.