Le Varroa destructor est un parasite très grave et contagieux qui se développe dans toutes les colonies d’abeilles. Le Varroa se multiplie dans le couvain de la ruche et vit sur l’abeille adulte Apis mellifera unicolor (espèce de la Réunion).
Les femelles de cet acarien parasitent l’abeille adulte ainsi que les larves et les nymphes en se nourrissant de l’hémolymphes. Etant accrochés aux abeilles, les Varroas sont facilement transportés d’une colonie à une autre, les contaminations sont donc rapides.
Le Varroa destructor agit sur la ruche de différentes façons :
– En ponctionnant l’hémolymphe des abeilles impliquant une diminution du corps gras, une baisse de l’espérance de vie, une réduction de la taille, des malformations des ailes, une diminution des défenses immunitaires.
– En tant que parasite, est vecteur de transmission de virus au sein de la colonie.
Le cycle de reproduction du Varroa est lié au cycle de reproduction de l’abeille. La population de Varroa double tous les mois.
La lutte contre le Varroa :
Différents symptômes permettent d’alerter un emballement dans l’infestation de Varroa de la colonie d’abeille :
– Devant la colonie : présence d’abeilles et de nymphes mortes en nombre important.
– Au couvain : opercules troués
– Aggravation des symptômes : couvain en mosaïque, dépopulation, nymphes rongées par cannibalisme.
Une colonie est en danger à partir de 1000 varroas et les dommages économiques apparaissent dès 2000 à 4000 varroas. Si aucun traitement n’est effectué, la colonie entière meure entre 1 à 2 ans.
Le danger d’infestation critique intervient après les seuils de production de couvain, qui eux correspondent à une période d’abondance de ressource. A la Réunion, les périodes critiques sont après les miellées de baies rose (février-avril) et les miellées de letchis (aout-septembre).
Traitements aux acides oxaliques :
Les acides oxaliques et acides formiques sont utilisables en agriculture biologique. L’efficacité du vide sanitaire et du traitement à l’acide oxalique est de 95%. La méthode par dégouttement est la plus facilement applicable pour les apiculteurs ayant beaucoup de ruches. Elle nécessite une seringue pour le dosage et des EPI. Le traitement ne dure qu’une minute par ruche.
Après 21 jours d’encagement de la reine, faire une application sur la ruche en respectant les dosages.
Relâcher la reine au sein de la colonie. Puis refaire un traitement 3 à 4 jours après.
Les différents produits de lutte contre le Varroa en agriculture biologique sont listés dans le tableau ci-dessous :

Le test du sucre glace :
Pour suivre l’augmentation de la population de Varroa dans une colonie, le test du sucre glace est le suivant : Enfermer 300 abeilles dans un bocal avec du sucre glace puis secouer le bocal. Le sucre glace vient se fixer sur les pattes des Varroas et les décroche. Un comptage est ensuite réalisé pour déterminer le taux d’infestation de la ruche.
Vide sanitaire :
L’objectif est d’enlever toutes les larves d’une colonie. Une fois les couvains enlevés, la reine sera encagée pour une durée de 21 jours (cycle de reproduction de l’abeille et de fait, du Varroa). Il n’y aura plus de ponte au sein de la colonie, ce qui coupera le cycle du Varroa. Ainsi restera uniquement les Varroas phorétiques (attachés aux abeilles adultes).
S’ensuit un traitement aux acides oxaliques ou acides formiques pour détacher et tuer les Varroas restants (Par dégouttement, vaporisation ou par sublimation).
L’objectif de ce vide sanitaire + traitement est de réduire au minimum la population de Varroa. Le parasite ne disparait jamais totalement de la colonie et aux vues de son développement exponentiel, moins il y aura de Varroas résiduels, plus le renouvellement de la population prendra du temps (cf graphique ci-dessous) :

Source: ITSAP-Institut de l’abeille – Bras Panon, juillet 2017

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