Reconnaissance mouche des fruits et méthodes de lutte en AB

Par : GAB - Ajouté le 21 juin 2024 mouches des fruitsProduits phytosanitairesprotection agroécologique des culturesbioagresseursBarrières physiquesCultures maraîchèresProductions végétalesagriculture biologiqueMaraîchage en ABLutteArboricultureFDGDONBiocontrol

Reconnaissance des mouches des fruits

Les mouches des fruits sont regroupées sous l’Ordre des Diptères, Famille des Tephritidae. A la Réunion, 10 espèces différentes sont observées :

Les Ceratitidini
Ceratitis capitata
Ceratitis quilicii
Neoceratitis cyanensens
Ceratitis catoirii
Carpomya vesuviana
Les Dacini
Bactocera zonata
Zeugodacus cucurbitae
Dacus demmerezi
Dacus ciliatus
Bactosera dorsalis

Il est très important de savoir différencier les différentes mouches des fruits et des légumes sur son exploitation pour connaitre la ou les méthodes de luttes que l’on peut utiliser. Une clé d’identification est disponible dans les références (fiche GAB)

Chez ces insectes, ce sont les femelles qui piquent les fruits/légumes. Elles sont équipées d’un dard au bout de leur abdomen. Les dégâts sur les productions sont causés par les larves lors de leur développement.

Le cycle de vie des mouches oscille entre 17 et 48 jours en fonction de la Température. Plus il fait chaud, plus le cycle de développement est rapide. Il est à noter qu’une femelle a une durée de vie moyenne de 3 mois et peut, au cours de sa phase adulte, pondre de 500 à 1500 œufs.

La mouche Bactrocera dorsalis a été détectée pour la première fois à la Réunion en 2017. Elle présente une grande capacité d’invasion : répartition sur l’ensemble de l’île pouvant aller jusqu’à 1200m d’altitude, cycle de développement rapide (en été, peut passer de l’œuf à l’adulte en 17 jours). Elle a même concurrencé Bactocera zonata (qui a presque disparue). La Bactocera dorsalis a une gamme de plantes hôtes de 300 à 500 espèces dans le monde ; 113 espèces testées à la Réunion où la présence de cette mouche est avérée.

Méthode de lutte en AB

La lutte contre la mouche des fruits commence déjà par l’élimination des fruits piqués :

  • Ramassage et enfermement des fruits dans un sac plastique à disposer pendant 15 jours au soleil.
  • Ou enfouir dans le sol (au moins 50cm).
  • Ou placer dans un augmentorium. Permet de favoriser les micro-guêpes parasites (Fopius arisanus) de la mouche des fruits. (Modèles vendus par la FDGDON au 0262 45 20 00 ou modèles à autoconstruire sur www.bsv-reunion.fr). L’implantation d’un augmentorium par hectare est suffisante pour le parasitisme.
  • Ou donner à manger aux animaux d’élevage (poules, porc, tortue, …), parcours de volailles.
  • La gestion de l’habitat sur l’exploitation permet de favoriser les auxiliaires des cultures, prédateurs des mouches des fruits : sols enherbés pour les araignées, maïs en bordure de champs (les mouches passent plus de temps en bordure que dans le verger).

La lutte contre la mouche des fruits doit être un effort collectif à l’échelle du quartier (agriculteurs, particuliers, collectivités) pour pouvoir être efficace.

Des moyens de piégeage existent également :

– Piégeage alimentaire :

  • Pastille de levure à mettre dans une bouteille plastique à diluer dans l’eau. Les mouches mâles et femelles sont attirées et se noient dans le piège. 1 piège à placer tous les 1 à 3 arbres.
  • Piège au phosphate diammonique à diluer dans l’eau. Il faut vider le piège régulièrement (toutes les 2 semaines) mais le liquide peut durer 2.5 à 3 mois.

Ces pièges peuvent être utilisés en maraichage, à placer à hauteur de la culture mais suspendu. La densité recommandée est de 80 pièges à l’hectare.

– Pièges à phéromones :

Ces pièges attirent les mouches mâles. Pour la Bactrocera dorsalis, c’est le méthyleugénole. Avec une densité de 10 pièges par ha, ces pièges permettent une surveillance de la parcelle pour pouvoir réagir en conséquence. Il faut être détenteur d’un certiphyto pour pouvoir utiliser ces pièges à phéromones.

– Les barrières physiques :

Il est également possible de mettre en place des sacs/filets sur les fruits pour les protéger (le filet ne doit pas entrer en contact avec le fruit sinon la mouche peut piquer au travers). Pour le maraichage, des tunnels peuvent être mis en place pour protéger les cultures.