Les PNPPs
Les PNPPs ne sont pas des produits phytopharmaceutiques (pas d’AMM depuis la Loi d’avenir agricole 2016) car elles ne doivent pas être considérée comme des PPP (Produits Phytopharmaceutiques). Ce sont néanmoins des substances à intérêt phytosanitaire mais dont l’utilisation principale est la protection des plantes. Les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) est une notion française définie à l’article L. 253-1 CRPM. Elles sont utilisables en agriculture biologique.
Elles sont composées exclusivement de :
- Substances de base : agit sur les facteurs biotiques de la plante (rôle phytosanitaire). Il n’y a pas d’Autorisation de Mise sur le Marché nationale mais des conditions d’utilisation propose à chaque substance de base (substances définies par l’article 23 du Règlement (CE) 1107/2009).
Elles font l’objet d’une procédure d’approbation simplifiée. Elles sont approuvées pour un ou plusieurs usages précis et pour une durée illimitée.
Les substances de base approuvées sont listées sur le site de la Commission européenne (EU pesticide database). Il y en a 25 à ce jour.
Pour chaque substance, un rapport précise les usages autorisés.
L’Institut technique de l’agriculture biologique (ITAB) synthétise ces informations sous forme de fiches techniques (http://substances.itab.asso.fr/fiches-substances-de-base).


- Substances Naturelles à Usage Biostimulant (SNUB) : joue sur les facteurs abiotiques de la plante (rôle d’engrais et/ou biostimulant), pas d’AMM, norme ou ENGRAIS CE. Ce sont des substances d’origine végétale, animale ou minérale, à l’exclusion des micro-organismes, non génétiquement modifiées (décret n°2016-532 du 27 avril 2016)
Dans cette liste sont incluses :
- Les plantes de la pharmarcopée
- Les parties consommables de plantes utilisées en alimentation animale ou humaine et présentant un effet biostimulant reconnu par un savoir ancestral ou par des essais documentés.
- D’autres substances analysées sur demande par l’ANSES comme la prêle des champs et le saule.
Les SNUB sont soumises à un cahier des charges régissant leur fabrication et utilisation d’après l’arrêté du 17-01-2021. Une fiche d’enregistrement pour préparer et utiliser une SNUB est à remplir. La méthode de préparation peut être : procédés manuels, mécaniques ou gravitationnels, de dissolution dans l’eau ou dans l’alcool, flottation, d’extraction par l’eau ou par l’alcool (de qualité alimentaire), de distillation à la vapeur et de chauffage, permettant d’éliminer l’eau.
Certaines plantes présentent une certaine toxicité (il faut vérifier sur le site de l’Autorité européennes de sécurité des aliments EFSA). Le préparateur de l’extrait doit s’assurer de la dose de chacune des substances potentiellement préoccupantes contenues dans la préparation.
Cas des huiles essentielles : avec une AMM comme orange douce et menthe poivrée : approuvées pour un usage phytopharmaceutique donc pas des SNUB.
Zoom sur certaines substances de base
- La prêle Equisetum arvense
Elle est antisporulante et préventive contre le mildiou et contre d’autres maladies cryptogamiques (rouille, oïdium etc). Elle peut être intéressante en décoction ou en tisane en complément de la protection fongicide classique comme la bouillie bordelaise (PPP avec AMM). Elle est riche en silice (4 % de son poids sec) qui permet de durcir la cuticule des feuilles. La prêle contient des flavonoïdes, alcaloïdes et polyphénols qui permettent l’activation du système de défense. Elle est aussi riche en oligoéléments assimilables par les végétaux, riche en sels minéraux (potassium, calcium, soufre, cuivre, phosphore). Le purin de prêle renforce donc les défenses immunitaires des plantes par la reminéralisation.
- L’ortie Urtica dioïca
L’ortie a un fort effet fertilisant car elle est riche en azote et en oligoéléments et elle favorise la flore microbienne du sol (action en purin). En tisane, elle régule et stimule la croissance végétale. Elle a aussi un effet sur le renforcement du système immunitaire, effet préventif contre le mildiou ainsi qu’un effet insectifuge et acarifuge.
- Le petit-lait ou lactosérum de qualité alimentaire
C’est une substance de base. Il est considéré comme fongicide contre l’oïdium par exemple et comme désinfectant. Sur les cultures en pulvérisation, il est conseillé de le diluer dans l’eau (0,6 à 3 L /100 L d’eau et 60 à 300 ml pour un pulvérisateur de 10 L). En désinfectant pour les gants et les outils, il faut le diluer à 5 %.